En mai 2018, je réalisais un rêve en prenant l’avion pour le Japon pour un séjour de 3 semaines. Je savais que ça allait être dur d’éviter tout aliment non-végétalien, même avec quelques notions de japonais, mais c’est une chose de le lire, et ç’en est une autre de le vivre. Alors, si vous voulez aussi visiter ce magnifique pays, voici quelques conseils tirés de mon expérience personnelle… et de mes erreurs.

 

Où manger?

 

Les restaurants

 

Au Japon, les restaurants offrant des options végétaliennes sont rares. Les plats sont souvent composés autour de viande ou de poisson et si vous les faites retirer de l’assiette, vous risquez de devoir vous contenter de riz blanc ou de nouilles. Sans compter l’omniprésence du dashi (sauce à base de poisson) que vous pourriez consommer à votre insu. Mais avec un peu de préparation, vous trouverez des restaurants vegan-friendly et même des restaurants 100% végans.

 

Au final, attendez-vous à beaucoup de nouilles, de ramens et, avec un peu de chance, à des caris japonais véganisés. Vous trouverez aussi des restaurants avec cuisine végétalienne d’inspiration occidentale, mais ce serait dommage d’aller au Japon et ne manger que des végéburgers, non?

 

Les konbini

 

Si vous allez au Japon pour le tourisme, il y a de fortes chances pour que vous vous retrouviez près d’attraits touristiques sans option végane aux alentours. Mais vous avez peut-être entendu parler des konbini, ces petits commerces ouverts 24 heures sur 24 qu’on trouve à tous les coins de rue.Il y a de bonnes chances pour que vous y trouviez des onigiri végétaliens et des petits sacs de fèves de soja ou de haricots cuits.

 

Mais ça ne sera pas aussi simple. Au Japon, il est mal vu de manger en marchant, dans certains espaces publics et dans les transports. C’est une menace à la propreté des lieux. Il vous faudra donc trouver un banc pour vous asseoir. Mais surprise! Vous n’en trouverez pas. Les bancs au Japon sont aussi rares que les restaurants végans. Les espaces publics sont faits pour circuler, pas pour flâner.

 

J’avoue que cette difficulté-là, je ne l’ai pas vue venir.

 

Les supermarchés

 

Si vous louez un logement, vous pourriez vouloir cuisiner un peu pour sauver de l’argent. Le hic: les fruits et légumes sont très chers. Si vous décidez quand même de faire un peu de cuisine, assurez-vous que votre logement ait assez d’outils de cuisine ainsi que du sel et de l’huile (ce qui ne semble pas aller de soi au Japon). Autrement, ça pourrait ne pas être aussi économique que vous le voudriez.

 

 

Préparer son voyage

 

Happy Cow est votre ami. Si vous avez la version complète (payante) de l’application sur votre téléphone, étudiez la carte des restaurants de chaque ville où vous vous arrêterez. Enregistrez chaque restaurant où vous pouvez manger dans une liste de voyage. Ça peut sembler laborieux, mais Happy Cow ne donne pas accès à la carte des restaurants à proximité lorsque vous êtes hors connexion. Il vous faudra la version pro et une liste d’établissements que vous aurez enregistrés vous-même pour la consulter.

Restaurant végan à Kyoto

Et il vaut mieux en sélectionner plus que pas assez. Les horaires des restaurants sont irréguliers. Vous en trouverez ouverts de 11h00 AM à 4h00 PM et d’autres de 10h00 AM à 2h00 PM, puis de 6h00 PM à 10h00PM. Avoir ces infos sous la main et plus de choix vous tirera d’affaire.

 

N’oubliez pas non plus d’emporter quelques collations pour la route et de réserver un repas végétalien pour le vol (mention spéciale à Air France qui fait le trajet depuis Montréal).

 

Budget

 

Si vous voyagez « on a budget », prévoyez un buget repas un peu plus élevé que la moyenne. Vous éviterez difficilement les restos et un repas bon marché vous coûtera en moyenne entre 900 et 1400 yens (en 2018). Un peu plus que pour un non-végan. Les options véganes ne sont pas toujours plus chères, mais vous n’aurez pas toujours le luxe de choisir le restaurant en fonction du prix. Si vous avez l’occasion de manger dans votre chambre, alterner entre restaurants et konbini vous permettra de sauver quelques yens.

 

Si vous tenez à essayer le shojin ryori, la cuisine bouddhique végétalienne (mais parfois seulement végétarienne), votre repas pourrait vous coûter entre 3000 et 6500 yens; à moins de dormir dans un temple à Koyasan avec repas inclus, ce qui n’est pas donné non plus.

 

Phrases utiles:

 

Le mot « vegan » (bīgan ビーガン, en japonais) n’est pas compris de tous les Japonais. Apprenez quelques mots clés (et kanjis) pour vous tirer d’affaire.

Bīgan desu. (Je suis végan.) / Bejitarian desu. (Je suis végétarien.)
* Vous verrez aussi sur Internet kanzen saishoku shugisha 完全菜食主義者, mais selon mon professeur de japonais, personne n’utiliserait cette expression.
Bīgan opushon ga arimasu ka? (Y a-t-il/Avez-vous une option végane?) (Rép.: Arimasu: Il y en a; Arimasen: Il n’y en a pas.)
Kore wa bīgan desu ka? (Est-ce que c’est végan?)
Niku to sakana to gyūnyū to tamago o tabemasen. (Je ne mange pas de viande, de poisson, de lait et d’oeufs.)
Kore wa *** desu ka? (Est-ce que c’est du/de la…?)

 

Mots et kanjis à retenir:

 

– Viande: 肉 (niku) – Évitez toute option avec ce kanji, comme:

  • Poulet: 鶏肉 (toriniku)
  • Boeuf: 牛肉 (gyūniku)
  • Porc: 豚肉 (butaniku)

– Poisson: 魚 (sakana)
– Sauce poisson: 魚の出汁, 魚のだし ou 出汁 (sakana no dashi, parfois seulement dashi)
– Lait de vache: 牛乳 (gyūnyū) (mais souvent ミルク: miruku dans les restaurants)
* Évitez les produits contenant le kanji 乳 à l’exception de la combinaison 豆乳 (tōnyū): lait de soja (voir la photo ci-dessous)
– Produits laitiers: 乳製品 (nyūseihin)
– Oeufs: 玉子 ou 卵 (tamago)
– Tofu: 豆腐 (tofu)

Si vous voulez être encore mieux préparé, regardez la playlist Useful Japanese for Vegans de la chaîne Vegan In Japan.

 

Lait de soja en japonais

 

Quelques conseils en vrac

 

* Pour les konbini, préférez les Seven Eleven aux Family Mart et aux Lawson. Les noms de certains produits y sont aussi inscrits en anglais. Ça vous permettra de différencier un onigiri au saumon et un onigiri aux fèves de soja. Vous trouverez aussi de la salade verte, des noix, des bananes, du tofu, du lait de soja et, avec un peu de chance, de quoi déjeuner. Attention: le pain contient parfois des produits laitiers ou des oeufs.

 

* Trouvez un logements/hôtel avec un restaurant vegan-friendly à proximité. Les attraits touristiques ferment souvent vers 17h ou 18h et vous serez heureux d’avoir une option sur le chemin du retour. Mais vérifiez bien les heures d’ouverture du restaurant.

 

* La location de vélos est souvent bon marché et pourrait vous faire sauver du temps pour aller de tel site au resto vegan-friendly le plus près. Évitez quand même le vélo à Tokyo, mais n’hésitez pas dans les plus petites villes comme Uji ou Arashiyama.

 

* Profitez-en pour goûter à certains produits que vous ne trouverez peut-être pas ailleurs:

  • Le mochi  (petit gâteau à base de riz gluant avec de la pâte de haricots rouges au milieu)
  • Le mitarashi dango (mochi sur un bâton recouvert de sauce soja douce)
  • Le mizu yōkan (dessert fait de pâte de haricots rouges et d’agar-agar)
  • Le kombucha japonais (thé fait d’algues)
  • Le renkon (racine de lotus)

 

* Vous devriez pouvoir commander un soy latté dans les Starbuck et dans certains cafés. Sinon, le café filtre est généralement servi noir.

 

* Vous trouverez beaucoup de restaurants avec des menus anglais dans les grandes villes. Parfois, ceux qui n’en ont pas sont réservés à une clientèle d’habitués, alors ne vous compliquez pas la vie plus qu’il le faut.

 

Est-ce que j’ai réussi?

Repas végan au Japon

Oui. Enfin, presque. Au mieux de ma connaissance, j’ai réussi à éviter tout produit d’origine animale jusqu’au dernier soir où je me suis acheté un soda pour passer mes derniers yens. Mauvaise surprise: c’était de la crème soda.

 

Dans un autre ordre d’idée, j’ai fait souffrir ma femme qui a dû m’accompagner dans mes détours de 20 minutes pour trouver le seul restaurant vegan-friendly ouvert dans les environs. Désolé, chérie!

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